Sunday, June 24, 2007

Ernesto (Che) Guevara de la Serna ou William Walker ?





N’y aurait-il donc que moi ?
Mais oui finalement, n’y aurait-il donc que moi pour voir une incroyable ressemblance, un parallèle étrange entre ces deux personnages ? L’un, fils de bourgeois argentins devenu une icône qu’on nous sert à toutes les sauces marxistes et dont l’effigie a dû remplir les poches de plus d’un capitaliste; l’autre beaucoup moins connu mais non moins fascinant, un fils de bourgeois du Tennessee avec une paire grosse comme ça. Deux phénomènes nés pratiquement à cent ans d’écart (1824 pour William Walker- 1928 pour le Che), les deux médecins (mmmmh... Che n’a pas passé sa thèse), les deux passant leur vie de roman à ferrailler en Amérique Centrale, du Sud et dans les Caraïbes, mus par un élan quasi hiératique. Ils deviendront des “hommes forts” de la région - Walker sera même président auto-proclamé du Nicaragua - avant de mourir jeunes (36 ans pour Walker et 39 pour le Che), traqués jusqu’au bout de leur destin et exécutés pour des causes si éloignées qu’elles finissent par se rejoindre.
Qu’est-ce-qui fait que deux jeunes hommes aux ambitions si proches et aux idéaux si différents se prennent un jour pour Napoléon et entrent dans l’Histoire au lieu fonder un foyer et exercer leur métier dans l’anonymat ?... Et si leur parcours et leur mort prématurée prêtent pour le moins à réflexion, reconnaissons leur tout de même cette fortitude dont la plupart d’entre nous est dépourvu. Mes voyages en Amérique du Sud m’ont amené très près Vallegrande en Bolivie, mais je n’y suis jamais allé. Par contre je suis allé à Trujillo au Honduras où j’ai pris cette photo (photo 3) de la tombe de William Walker. Une jeune blanc-bec a cru bon de s’y immortaliser pour s’afficher à bon compte chez Wikipedia... mais pour vous mes chers amis j’ai fait un pas supplémentaire (photo 4). Cette stète marque l’endroit précis où W. Walker est tombé, à Trujillo, face à un peloton d’exécution de l’armée hondurienne. C’est écrit dessus, et pour ceux que ça intéresse elle se situe...
oh ! et puis merde, il faut savoir garder un secret ...

Sunday, May 13, 2007

Ich bin ein Hawaiian



Ça y est nous y sommes ! Nous venons d’emménager dans notre appartement bien à nous avec vue sur la mer, payé pour moitié et le reste sur 30 ans. Une paille ! Si je vais au bout du prêt ça me fera.. voyons... 77 ans; je m’en vais de ce pas remettre à jour ma collection de Tintin, j’en aurai bien besoin pour tuer le temps quand j’aurai atteint cet âge canonique. Young Ju sera-t-elle encore là pour supporter mes conneries ? pour pousser mon fauteuil roulant ? that’s the $64000 question... Monique, au cours d’une de ces libations dont nous avions le secret à San Francisco, après que j’eus demandé à Young Ju: “will you push my wheelchair when I’m old ?” avait déjà donné la réponse en disant : “du haut de California Street oui !”... autant dire du haut d’une falaise...
Je suis retourné il y a peu à San Fran, pour quelques jours, afin de récupérer et expédier des petits meubles et des effet personnels qui vont bientôt trouver place dans notre petite cage dorée. Dans cet avion qui survolait Waikiki, en regardant par le hublot, je me suis mis à penser des trucs bizarres; d’abord que je quittais ma ville, Honolulu est désormais “chez moi”, et ceci sans conteste et sans concession, je me sens ici aussi bien que j’ai pu me sentir à Bordeaux, Oakland ou San Francisco. San Francisco justement, ma destination du moment , où j’ai vécu les plus longues et les plus belles années de ma vie, les plus sombres aussi. San Francisco qui a pourtant fini par me sortir par tous les pores, San Francisco que j’ai fui sans me retourner, San Francisco que j’avais déjà fui et où j’étais finalement retourné. San Francisco, cet aimant chimérique.
Curieux finalement de retourner là-bas comme on retourne en terrain neutre, comme un soldat qui aurait fait campagne et ne pense rien de moins, mais surtout rien de plus de ce qu’il va redécouvrir. Curieux d’attérir à SFO, cet aéroport que je connais trop, et de faire route vers la ville en pleine nuit. Retrouver les amis et la famille. Les repères sont intacts et pourtant tout a changé. Je suis devenu un étranger dans ma propre ville. It’s time to move on.

Sunday, April 8, 2007

Canoe Race in Halei'wa





Yesterday was the third preseason long distance race. It was organized by the North Shore Canoe Club. My club, The Waikiki Beachboys, almost made a clean sweep, winning in 5 categories out of 7: we placed first in the mixed, the open women, the open men, the novice A and novice B categories. No doubt that WBB will be once again the club to beat in the coming season races. I am a novice B, a first year paddler, and although I was elated with the result, I’m really asking myself if I should stay any longer with this club that has grown in me, and whose members and their sense of camaraderie I came to love more and more. The reason is: we are about twenty novice B paddlers competing for 5 seats (the 6th man being the steersman, he’s not really a paddler), 8 if we count the extra 3 seats in the mixed novice B. At 47 years old, I find myself competing again spring chickens with raging hormones when I should compete in the “Master” category, the 40 year and older, and it doesn’t look like WBB will enter a master boat in competitions this year. I am perfectly aware that my chances are slim of landing a seat on a regular bases with the Novice B, so I contacted several clubs to ask them if they have any space available in their 40 and over program. Several have answered in a very enthusiastic way; we’ll see what happens. Meanwhile I was pretty happy to compete again yesterday, albeit with a team that I would consider second or third string. Take a look at the group picture: from right to left we have Stote, a 59 year old Ironman triathlete whose physical shape has no equal for a man his age, then yours truly, then Eric, a 33 year old 6’4” 285 lbs ex football player, wrestler and high school sports coach, then Chris, a 25 years old broad shouldered kid with no lack of stamina, and Kurt, an ex international mountain guide who almost made the US ski team a few years back. And this team of 5 is certainly not our coach fist choice, the number one novice B team is way more impressive than that.
Anyway, I will go to the Lokahi canoe club practice tomorrow and meet with their coach. I would hate to leave Waikiki Beachboys, but hey, if the only way to race Molokai this year is to find a seat in a master boat, I’ll do what I have to do.
Aloha !

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Friday, March 9, 2007

This carnage has to stop !


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Don't eat shark fin soup.
About two weeks ago, when I got invited to this Chinese banquet for the Chinese New Year in one of the best Chinese restaurants of Chinatown in downtown Honolulu, I didn’t think that I was in for a surprise - a bad one that is -, but it came right at the beginning of the feast: shark fin soup !!! I couldn’t believe it, and not a pip out of the guests' mouth... Not that all the Hawaiians that I’ve met so far look like tree huggers or eco-freaks, but I would say that Hawaiians are on average a good bunch of nature lovers, well aware of the beauty of their environment and the need to protect it. Well then why ? why do we have to cope with such a nonsense here ? Everybody knows that some species of sharks are already on the endangered species list due to overfishing, Hawaiians should be especially aware of that... Sharks are fished essentially for their fins, and the despicable way they are dealt with (they are hauled up onto the fishing boat deck, their fin is cut off, then they are thrown back into the water and left to agonize for hours or days) should be enough to make one sick.
So I decided to take the bull by the horns in my own little way and with my own little means and came up with the design for a button; I have these buttons made at my own expense and they will be distributed during the whole canoe race season all over the islands.
Please don’t eat shark fin soup !

Sunday, March 4, 2007

Aloha state. Deux ou trois choses que je sais de Hawaï




Après presque 4 mois passés à Hawaï peut-être est-il temps de faire un premier point, une syntèse de mes impressions ?
Le caractère insulaire de l’état de Hawaï n’aura échappé à personne j’espère. Un des points communs à toutes les îles, quel que soit l’océan sur lequel elles se trouvent et quel que soit le pays auquel elles appartiennent, est la cherté de la vie. Cherté induite par le fait, entre autre, que tous les biens de consommation, mis à part le produit de quelque maigre agriculture locale, soient importés par voie maritime ou par les airs. Afin d’éviter de tomber dans les lapalissades et faire étalage d’évidences ennuyeuses je ne m’éterniserai pas sur le sujet, la plupart des français connaissent bien le problème avec nos chers DOM-TOM voire POM (pays d’outre-mer comme Tahiti). Cependant il me parait important de mentionner sur le sujet une ou deux choses qui me semblent typique d’Hawaï.
L’essence à Hawaï est la plus chère et de loin de tous les Etats-Unis.
L’état d’Hawaï est le moins “business friendly” des 50 états. Le coût de fonctionnement de la moindre petite affaire est absolument exorbitant. Les baux commerciaux sont à feu d’argent, les loyers hors de prix, les tracasseries administratives et les règlementations tiennent parfois du roman de notre ami Franz...
Les banques Hawaïennes sont des banques locales, j’ai envie de dire indigènes. Point de Bank of America, Washington Mutual, Citibank ou de Wells Fargo ici; toutes les institutions financières sont “home grown”. J’ai un compte à “Bank of Hawaii”. Les taux d’intérêt que rapportent un compte épargne (savings account) ou un CD (certificate of deposit) sont ridiculement bas et sujets à une multitude de petits pièges et autres pénalités de retraits qui n’existent pas sur le continent où la concurrence fait rage. D’un autre côté - et je connais maintenant bien le problème car je viens d’acquérir un bien immobilier - les taux d’intéret que facturent ces mêmes institutions financières sont très élevés lorsqu’on emprunte. Loose loose situation comme dirait l’autre.
Le coût de l’immobilier (locatif ou en accession à la propriété) est quasiment identique à celui de San Francisco, et c’est pas peu dire.
Les salaires sont des salaires de misère. Le taux de chômage est très élevé et malgré cela il y a une très forte immigration légale venant surtout des Philippines, un vivier de personnels essentiellement affectés à des postes de service dans l’industrie du tourisme (stations balnéaires) ou autres (comme la santé et les maisons de retraite).
La diversité culturelle, gastronomique, artistique, sociale, bien que présente à un certain degré, n’a rien à voir avec San Francisco. La ville de Honolulu est un village où tout le monde se connait, ce qui entraîne fatalement ces trainées de poudre de commérages bien désagréables dans quasiment tous les domaines.
Je pourrais prolonger la liste des inconvénients de la vie à Hawaï ad libitum, ça ne changera rien au fait que je suis absolument ravi d’avoir fait le pas. Notre vie ici vient en plus de prendre un sérieux coup de booster avec l’arrivée de Junior, notre terrier à la truffe ensablée (photo1), que ma belle famille nous a envoyé de San Francisco après avoir finalement retrouvé leur sens et réalisé que sa place était ici, parmi nous. Ma nièce imbécile n’a cependant pas monté d’un iota dans mon estime.
Je suis plus que jamais dans le grand bain de la pirogue à balancier (en anglais: “outrigger canoe”, ça c’est pour l’ami Sebt :0)), la saison des régates et compétitions de longue distance ayant commencé samedi dernier par une magnifique 2ième place de mon équipage dans notre classe (7.1 miles en 1 heure 10” en haute mer). Je fais de gros progrès; je rêve sûrement mais je crois que je vais faire Molokai cette année.
En résumé et en attendant un billet un peu plus consistant: la vie est belle, les filles sont superbes (bon, les mecs aussi) la mer est bleue, le vin est rouge, les amis francophiles du groupe de discussion du samedi sont sympas (bon, à part que certains lisent le Pélerin-image2-)
...et à Hawaï il n’y a pas encore de helmet law...(image3)
ALOHA !!!

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Wednesday, January 24, 2007

"On n'en fait plus des mâles comme toé..."


Alice Cooper me cause dans le poste tous les soirs http://www.nightswithalicecooper.com/, lui derrière son Sennheiser et moi coincé dans dans ma bagnole et les bouchons Hawaïens. On est bien, tous les deux. “Syndicated radio show” comme y disent ici. Alice fait donc le DJ quelque-part aux US; “dans un bunker qui ne voit jamais le jour” apprends-je quand je veux en savoir plus sur Google. En fait, qu’Alice fasse du blabla alimentaire derrière son micro dans un trou noir en faisant tourner ses galettes je m’en bas un peu le rimmel des paupières, la seule chose digne d’intérêt étant d’avoir réveillé quelques vieux souvenirs, vu que l’album "Killer" du Sieur Cooper fut le premier 33T que j'ai acheté avec mes sous lors d’un voyage scolaire à Londres en... 1972. Eh... ouais ! ma pov’ Suzy (j’étais amoureux de Suzy Breton à l’époque, où es-tu Suzy ?), ça nous rajeunit pas tout ça. 1972, vous vous rendez compte ?! Le temps passe à une vitesse, c’est fou; j’ai l’impression que c’était hier encore que je poussais, vers ce miroir peu complaisant du cabinet de toilette, le pus de mes boutons d’acné juvénile en éclaboussures mouchetées et quasi-sonores vers celui qui me renvoyait cette image ingrate (“ne gratte pas !”). Pour tout dire cette petite promenade vers l’adolescence pubère m’a redonné l’occasion de ré-écouter les extraits de l’album de tous mes frissons sur Amazon.com et je dois avouer que ça n’a pas pas pris une ride. Faudrait peut-être que les petits jeunes prennent un peu de la graine fertile d’Alice et de ceux de sa génération, car je trouve la soupe rock qu’on nous sert depuis quelques temps plus qu’insipide.
“y en a même un qui s’appelle Alice, on n’en fait plus des mâles comme toé.. Elvis”
Diane a tort. Alice en a encore sous la ceinture...
FC

Friday, January 5, 2007

Donnez nous aujourd'hui...


Alors oui, tant pis... je fais ici l’aveu d’une faiblesse passible du purgatoire et peut-être plus; et pourtant l’Autre l’a bien partagé ce péché de gourmandise avec ses potes avant de mourir pour notre rédemption en leur faisant gober qu’ils ne se livraient qu’à du canibalisme... oui , oui j’avoue. J’aime le pain.
Je craignais, c’est vrai, que le fait de vivre à Hawaï allait me priver à coup sûr de ce plaisir. Faut avouer que grâce à la magie de Pascal Rigot, ce génie bordelais de la boulange qui est devenu en quelques années la coqueluche du monde gastronomique des bobos de San Francisco, nous avons été gâtés question pains. Prenez avec une grue “Boulangerie” sur Pine Street à San Francisco http://www.baybread.com et transportez là dans n’importe quelle ville de France et vous aurez une des meilleures boulangeries du pays, Poilane compris. Pascal a fait découvrir aux San Franciscains, entre autres, les vrais pains spéciaux, le cannelé de Bordeaux et le macaron de St Émilion... ils en sont encore tout retournés.
Je craignais un peu le déménagement disais-je, mais force est de constater que Raimu, dans son marcel enfariné, a du veiller sur moi de tout là-haut, car j’habite à deux pas d’une de ces chapelles du produit fini céréalier, une boulangerie-patisserie qui mérite de faire des bornes pour y acheter son pain. La meilleure d’Hawaï. Bien évidemment comme beaucoup de chose ici, elle a un fort accent japonais, tellement fort qu’elle est née au Japon, au départ. En effet Kimuraya est née à Tokyo, dans le quartier de Ginza, en 1869. Kimuraya n’a pas toujours fait du pain français, mais quand ils ont décidé de s’y mettre ils n’ont pas fait les choses à moitié. Le pain est d’une qualité irréprochable: croustillant à souhait, aéré comme à Paname et dégageant des senteurs que ne désavouerait pas un mitron périgourdin. Ce pain est béni. Bien sûr, qui dit japonais dit excès dans l’excellence. La baguette de deux cents grammes est vendue dans son étui de papier bien épais, fermé à l’aide d’un ruban adhésif à l’effigie de la maison et contient à l’intérieur un manchon de plastique fin et soigneusement plié pour protéger le corp du Christ de la vilaine humidité tropicale.
On pourra dire ce qu’on veut, moi je dis “arigato”